BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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103 - LE MISANTRHOPE

Les jours s'alignent comme des fusillés contre un mur.

Face à eux, le temps, ce putain de temps qui s'amuse à faire un carton sur des rêves et des imaginaires mais aussi sur des êtres qui avaient cru à l'impossible.

Je n'ai jamais aimé cette période de fin d'année - je ne parle pas de noël que j'aime toujours autant - mais de ce passage obligé où l'on se doit de faire la fête.

Alors beaucoup jouent au bonheur entre victuailles, champagnes, danses contorsionnées et veilles tardives.

Certains même vont à l'aventure pour rencontrer des inconnus sur les Champs-Elysées ou les places publiques alors que dans leur vie courante ils ont le regard fixe de ceux qui ne veulent pas voir.

Que l'on ne se trompe pas, j'aime la fête, à vrai dire j'adore la fête, mais celle qui est imprévue, celle qui surprend, celle qui vous étreint parce qu'un jour, un soir ou un  matin, vous vous sentez bien entre gens aux humours comparés.

Mais ce qui est programmé, ce qui est organisé, ce qui est obligé m'indispose et je deviens ours, je deviens solitaire, je deviens misanthrope et ne suis pas de bonne compagnie.

Je comprends, oui je comprends ce besoin de croire une fois, au moins une fois n'est-ce pas que des vœux pourront changer la vie, et puis c'est une tradition et c'est donc honorable mais je suis trop solitaire au fond et je vois tout cela d'un œil "pédonculé", c'est à dire que je regarde ces fleurs d'un soir chercher l'eau de la vie quand, le lendemain, les flonflons et les amis du moment sont partis.

Je sais, je dénote, je vais à contresens mais, même jeune, je pouvais être fou sauf quand il fallait absolument l'être.

Sauf quand il fallait absolument l'être.

 

Comment vous dire ?

 

Ma tête est pleine de gens seuls, sans fric, sans moyens, de gens qui n'ont plus que leur lucarne branchée pour s'évader et croire qu'ils participent.

Je pense à des personnes âgées ou pas, rencontrées dans ma vie et qui se sont abîmées à survivre, je pense à ce clochard place du Capitole, je pense à cette femme aux chats, à cette autre qui n'a plus qu'un porche d'église rue du Taur pour la recevoir, je pense à ces gens de la mine du côté de Carmaux encalminés dans des maisons alignées et allumant le gaz avec la vieille allumette, elle-même enflammée au chauffe-eau à la loupiote fragile pour faire des économies...

Dans ce genre de période de fêtes, à trop vouloir étreindre le monde, j'en reçois le contre-coup et quand une grande partie de ce "monde" est en liesse je ne peux m'empêcher de penser à l'autre.

C'est ce putain de côté éponge qui m'essore et me fait haïr les "nantis" quand, souhaitant des vœux télévisés, je sais la comédie, je sais les intrigues, je sais les compromissions pour que, rien jamais ne change.

Que voulez-vous c'est à contre-courant que l'on mesure la force du courant.

 

Alors, dans ces moments là,  l'homme "heureux" que je suis se réfugie dans sa mémoire, il navigue au milieu de ses livres, il comprend, oui il comprend la fête, la "joie" obligée parce qu'elle est nécessaire.

Il sait aussi que vous saurez interpréter ce qu'il vient d'écrire, car pour lui l'amour n'est pas seulement un mot.

Ce sont d'abord des actes.

 

 



01/01/2017
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