BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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105 - DE LA TENDRESSE BORDEL...

Nous sommes portés par des années qui s'enfoncent dans un XXIème siècle bien improbable.

 

Et, avec ce plongeon inéluctable, nous perdons petit à petit ce qui faisait l'essence même de ce que nous étions, je pense à l'humain.

Pas seulement des être humains évidemment mais je dirais sentimentalement humains, inquiets et respectueux de l'autre.

 

Souvenez-vous au XXème siècle quand des auteurs de cinéma nous décrivaient ce futur underground, ces combats des égouts contre le ciel ou alors cette robotique transformant notre vie en quelque chose de froid et sans sentiments, nous amenant, ipso facto, à un esclavage dit "moderne".

Que de films apocalyptiques avions-nous eus sous les yeux ! Que de visions sombres  de nos lendemains se déroulaient devant nous !

Et pourtant nous y sommes.

 

Tout est connecté, tout est robotisé, tout est tramé, machiné, calculé, sondé, prévu y compris vos réactions, y compris ce qu'il faut faire, dire, saler, poivrer, fumer, conduire, épargner, dépenser, manger, éliminer...enfin quoi tout est sur Face Book, les réseaux sociaux en général, les hyper marchés, les télés, les sondages, les panneaux, tout, réactions, commentaires, pipi, caca, éjaculat, haine, amour, petit chien ou canari, canadair à respirer ou canada dry du "bien vivre ensemble".

Tout est là pour nous faire avaler les over-dose d'informations, consommations, réactions, pétitions, addictions.

Regardez l'amour, ce bel amour ! Tout nous pousse à la consommation rapide, au coït entrebâillé, au rut sans lendemain, aux rencontres en pochettes surprises, tout est vicié, vicieux, vicelard et vice versa, tout est approximatif, conjoncturel et pour tout dire jetable.

Pour le reste, tout nous prépare à l'enfermement et sous couvert de "rassemblement" on nous conduit à l'isolement avec chacun bien planqué dans son pré carré, sa maison, son jardin, sa clôture, son bulletin de vote et sa peur préparée, programmée pour mieux le contrôler.

Je sais j'exagère, je force, je hurle mais c'est parce que j'en ai assez  de ce vers quoi, inéluctablement, on nous engage.

L'aviez-vous vraiment rêvé ainsi ?

L'aviez-vous imaginé, voulu ?

Non, évidement non mais l'on vous y conduit et vous remercieriez presque....

 

Alors que veut il encore ce couillon vous demandez-vous ?

Où est sa solution miracle, son élixir de belle vie ?

Enfin quoi que fait-il ce revenant d'un autre siècle pour éviter ces pièges et ces routes obligatoires ?

 

Et la tendresse bordel, cette belle et bonne tendresse qui  fut ce que vous êtes, cette notion de douceur mais aussi de présence contre quoi tout se dégonfle et pour qui tout devient possible.

La tendresse qui fout le camp, noyée dans l'immédiateté et l'indifférence.

Souvenez-vous avant, avant que l'on nous impose cette gloutonnerie, combien étaient frissonnants ces bras autour de vos épaules, combien ces yeux vous chamboulaient quand ils embrassaient votre visage mieux que des lèvres hésitantes,  combien ces doigts vous rendaient faibles quand, d'un soupçon de présence, vous les sentiez prendre votre taille...

Souvenez-vous la lenteur, la longue et inexorable montée du désir, souvenez-vous des rendez-vous attendus, des battements du cœur, des maux de ventre ou des douleurs de tête qui rendaient insupportable le moindre retard...

 

Aujourd'hui la tendresse disparaît, non seulement dans les rapports entre les hommes et les femmes mais aussi dans notre relation avec les autres.

Ce n'est pas la même chose évidemment, mais si ce mot est trop large pour l'étendre au "public" pouvons-nous au moins l'étendre au respect que l'on doit à tout un chacun. 

Et c'est justement parce que la tendresse disparaît dans  les couples d'aujourd'hui que le souci de l'autre disparaît tout autant.

En fait tout est lié.

A trop s'occuper de soi, à trop vouloir tout, tout de suite, à ne penser qu'a des satisfactions immédiates, des reconnaissances de pacotille ou des contentements de second ordre on néglige le grand, le haut, le beau, exactement ce que l'on nous pousse à faire en "égalisant" tout le monde (je devrais dire en étêtant tout le monde) et en nous endormant dans le pseudo  confort du matériel d'aujourd'hui.

Nous devons revenir à l'essentiel et l'essentiel c'est dire bonjour, tenir une porte, laisser un siège à plus handicapé que soit, c'est conduire sans haine, aider une personne encombrée enfin quoi toutes choses qui étaient naturelles avant et qui sont devenues rarissimes aujourd'hui et presque montrées du doigt.

 

Allons me direz-vous la tendresse n'a rien à voir avec ces comportements !

Ah bon ?

Essayez, commencez par vous-même, dans votre intimité, soyez plus doux, plus tendres, plus inquiets de l'autre, plus caressants, plus...amoureux et vous verrez comme, naturellement, les choses s'enclencheront.

Un peu comme des dominos n'est-ce pas ?

 



14/01/2017
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