BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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110 - LA SAINT VALENTIN

J'ai toujours été étonné qu'il y ait un jour pour les amoureux, un jour, comme si l'amour  pouvait se suffire de 24 heures d'attentions, de fleurs et de sourires...

 

Je comprends les bienfaits sur le commerce, je comprends que pour certains ou certaines, ce soit une sorte de piqûre de rappel, je comprends surtout qu'en matière amoureuse ce devrait-être la saint Valentin tous les jours !

Mais voilà le temps use, le temps érode, le temps tue, là comme ailleurs et cela tient justement au fait qu'à force d'ouvrir les yeux aux côtés d'une Princesse, les hommes ne voient plus la Princesse....

Et la réciproque est vraie.

Alors pourquoi ?

Pourquoi les hommes ne disent-ils des mots doux que lorsqu'ils ont l'amadou en feu ?

Pourquoi moins de caresses au fil des jours qui passent ? Pourquoi ces gestes qui étaient sensuels ou tout simplement naturels deviennent-ils absents de la carte du Tendre des couples qui ne se voient plus ?

On s'aime, on se désire, on le montre, on le vit, on explose, on ne supporte plus d'être détourné de l'autre et puis, lentement, insidieusement, on s'habitue, on se contente du minimum syndical, on a des occupations voire des préoccupations meurtrières et tout part en galère....

Le mot est lâché, habitude, train-train quotidien, mort du regard en attente, manques, manques.... manques induits.

L'amour ne supporte pas l'à-peu-près, il ne tolère pas l'endormissement, il ne vit que de surprises, d'étonnements, d'imaginations mais aussi de constance...

Et c'est là où cette saint Valentin peut éventuellement prendre sa place...

Mais après ?

Demain les roses offertes vont  se faner jusqu'à l'année prochaine.

 

Ce qu'il y a de beau dans l'amour c'est que celui ou celle qui vous aime vous surprenne encore, même au bout de vingt ans de vie commune, même au bout de quarante ans, même plus loin encore, qu'il garde, prolonge, invente ses attentions, vous savez cette main, juste cette main sur le cou ou l'épaule quand vous ne vous y attendez pas, ce billet d'avion en poche imprévu, un baiser volé, comme ça, sans rien en retour, ces mots d'amour posés là comme des piafs sur un fil de téléphone ou un café, le matin, tous les matins, quand vous vous sentez vieille....

Aimer ce n'est pas baiser.

Aimer c'est dire " je sauterai du pont pour te sauver quitte à mourir moi-même" et le redire des milliers d'années plus tard, c'est s'inquiéter, c'est avoir la trouille quand l'autre est sur la route, c'est remonter le drap quand un corps est découvert, c'est excuser, oui excuser car la vie a des chausse-trappes, c'est aussi écouter.

Je vois souvent cette antienne revenir sur la table "aimer c'est regarder dans la même direction" et c'est une erreur car cela suppose que le couple a digéré les êtres pour en faire un magma sans consistance et bougrement chiant.

Aimer c'est au contraire élever l'autre, le préserver, lui donner toute sa différence, ce n'est pas l'amener à soi mais aller vers lui.

C'est au fond être amoureux.

C'est con ?

Non car je connais tant et tant de gens qui disent aimer sans être amoureux.

Par habitude et on y revient.

 

Alors je ne suis qu'un homme fragile mais ma fragilité me renforce, je veux dire que je suis sensible aux différences de températures.

Et dans un couple, si ce n'est pas forcément et toujours "37,2 le matin" c'est bien que l'un ou l'autre, quand il le faut, au bon moment, s'assure qu'il n'y ait pas surchauffe...



13/02/2017
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