BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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120 - LA FEMME EST UNE ÎLE

Vous le savez je suis dans l'écriture d'un nouveau roman.

Dans ce livre, comme dans tous les autres - sauf un seul où je racontais une ville -  le personnage central est une femme.

Ce n'est pas un hasard, mieux même c'est une volonté, la femme étant à mes yeux la "construction" la plus aboutie mais aussi la plus complexe de ce que nous sommes, nous les humains.

 

Je l'imagine comme une île, peut-être parce que j'ai trop aimé Stevenson ou Jules Verne qui nous ont fait découvrir des choses rares sur ces terres vierges, mais quand je me balade dans les rues de ma ville, ou quand je suis assis à la terrasse d'un café j'ai toujours cette impression très forte qu'elles émergent au-dessus des autres, qu'elles sont plus élevées, plus lointaines que cette masse grise et uniforme qui les entoure comme si, le regard tourné vers l'horizon, elles guettaient autre chose que le quotidien qu'elles vivent.

Et puis cette façon de se déplacer, de se mouvoir, de se poser,  de s'arrêter avec la fluidité d'une ondine qui peut devenir squale...

 

Oui la femme est eau quand les hommes sont terre.

 

Alors parce qu'elles sont ainsi construites, parce qu'elles savent la force d'un compromis, elles se sont faites îles, c'est à dire une terre certes, mais cernée, prisonnière de leurs eaux vives et remuantes.

Les bateaux des hommes les croisent au loin, certains s'approchent, d'autres accostent pour une escale, d'autres encore y mouillent plus ou moins longtemps.

D'autres enfin y restent pour toujours bien que ce mot peut avoir aussi une fin.

Car l'île peut-être volcan si le découvreur n'est pas à la hauteur, s'il est mercantile c'est à dire sans fond, s'il est parasite au lieu d'être créateur, s'il est voyageur pour d'autres atolls.

Alors la lave se déverse, le calme de l'océan se transforme en masses déferlantes expulsant sur un vieux rafiot pourri celui qui était arrivé en goélette blanche.

Je crois que chaque île rêve de son Robinson et, si le quidam se transforme en mac à dames ou tout simplement en bête somnolente et domestiquée, les vents contraires vont se lever et chasser celui qui, de bienvenu, est devenu l'intrus.

Et puis un jour, un jour des jours qui se suivent dans la torpeur des alizées tranquilles, une autre voile apparaîtra, une autre forme plongera et viendra se rafraîchir de routes longues et harassantes. L'île le contemplera,  le mettra à l'épreuve, s'assurera de sa tête plus que de son corps et peut-être, peut-être seulement car l'ile reste toujours sauvage, si les yeux sont francs, si le discours est cohérent, si les mots sont non seulement caressants mais encore rares, si les gestes sont doux parce que retenus, si, si , si...l'île alors créera de nouvelles anses chaudes au détour de ses plages intimes pour abriter  ce trésor d'amour qui lui reste à donner.

 

La femme est unique et, parce qu'elle est unique, en l'aimant nous nous grandissons.

 

Cette comparaison entre elle et une île n'est qu'un échaffaudage de mon esprit mais j'aime assez à penser que si l'homme en est toujours resté à la guerre du feu malgré ses costumes,  ses tablettes et autres salles de fitness, la femme s'est élevée, est d'abord devenu phare au large des côtes masculines avant de s'isoler plus loin encore, bien plus loin, non seulement pour se retrouver mais aussi pour s'assurer que le "je t'aime" qui pourrait  lui être adressé un jour soit celui de l'amour et pas du seul désir.



07/05/2017
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