BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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141 - REGRETS

Qui peut réellement dire qu'il n'en a pas ?

Qui peut dire qu'il a toujours bien agi, bien fait et surtout, les mains croisées sur son petit ventre, s'endormir dans la quiétude des bienheureux ?

Moi je ne sais pas faire, harcelé par des images, des mots, des foucades, des ruades et, au fond, des petites misères qui, cumulées, sont des gouffres béants.

 

Et pourtant !

 

Pourtant j'ai essayé de tracer ma route droite, essayé de ne pas être tordu, cherchant toujours l'accord avec moi-même plutôt que l'unisson avec d'autres, mieux pensants et aux actes cependant compromis.

Quand je me retourne en arrière il y a bien des chemins que je n'aurais pas dû prendre et d'autres que j'aurais dû suivre, bien des chants de sirènes qui n'avaient au fond qu'une seule note et bien des gens qui, quand on les regardait en creux, n'avaient que du vide à l'intérieur. Oui mais voilà, il faut bien que jeunesse se vive, il faut bien que le corps soit couturé de cicatrices pour que, vétéran, il puisse arborer ses médailles et se recueillir aux champs des déshonneurs dans les clairons sinistres d'une sonnerie aux morts.

Nous nous cherchons tous, mais en réalité ce n'est pas tant nous-même que nous cherchons plutôt que le reflet de ce que nous sommes dans le regard des autres. Car enfin, nous vivons par et pour les autres, nous ne sommes que la péréquation de l'égo et du nostrum, de l'unique et du pluriel. 

 

Quelle femme, quel homme n'a pas rêvé d'un autre parcours professionnel, amoureux ou tout simplement d'un autre chemin de vie ? Qui peut se targuer d'avoir tout réussi ?

Cependant quand vous errez sur les réseaux sociaux ce ne sont que conseils, certitudes, admonestations, jugements tout cela assorti de jolis noms d'oiseaux fleurant bien souvent la vulgarité ! Et quelques fois vos proches ou vos amis en rajoutent une couche comme si, eux seuls, détenaient La vérité sous prétexte de leur proximité !

En fait notre monde, je veux dire ce morceau de siècle que nous vivons, part dans tous les sens en fusées explosives, proposant à des gens ébahis et souvent ignares des connaissances qu'en d'autres temps ils n'auraient jamais pu atteindre. Alors c'est bien connu n'est-ce pas, quand le sage montre la lune du doigt, l'idiot regarde le doigt.

Et je ne sais pas si vous l'avez remarqué c'est précisément du doigt que l'on montre ceux qui sont "différents", ou ailleurs, ou romantiques, ou polis, ou juste et bêtement amoureux de la seule et même personne depuis la nuit des temps, ou le commencement, ce qui est la même chose. Contrairement au melting-pot des rencontres à la chaîne, des infos en cadences, des passions journalières et des haines du moment.

 

Alors pour être clair je regrette certaines choses évidemment, mais surtout, surtout je regrette ce temps - il y a déjà quelques temps - où tout paraissait heureux, où les gens ne s'affrontaient pas, vivant au rythme des années et non pas à celui des heures, ce temps où découvrir se faisait lentement.

"Déshabillez-moi - chantait Gréco - oui mais pas tout de suite, pas trop vite"....

Oui je regrette ce temps où, pour toute chose, on prenait son temps.

Comme si se balader dans la vie était une chance.

Comme si ouvrir les yeux chaque matin était une surprise.

Comme si vivre n'était pas un acquis ou un dû mais un émerveillement.

Et le vieux gosse que je suis est resté scotché sur ces valeurs.

A en mourir.

 



05/11/2017
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