BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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130 - LES GENDARMES ET LES VOLEURS

Bien sûr, bien sûr, les choses ne sont plus comme avant, les gens non plus d'ailleurs, ni les habitudes, ni l'éducation et, si je réfléchis bien, ni l'amour aussi qui s'est adapté au régime Macdo, consommation rapide, repas semblables, cadre formaté et partenaires les coudes sur la table dans des bermudas informes et des chemises tâchées.

Oui les choses ont évolué me disais-je sur le bord de mon Canal du Midi qui laisse couler lentement ses eaux vertes sous l'ombrage de platanes bien plus vieux que ceux dont je vais parler.

Evolué ou régressé ?

Je ne vais pas répondre à cette question sachant combien les "anciens", dont je commence sérieusement à faire partie, ont le don pour regretter leurs neiges d'antan.

Mais quand même, quand même ne marche-t-on pas sur la tête ?

Le football par exemple qui est devenu nos nouveaux jeux du cirque avec ses outrances à coup de millions alors qu'ailleurs, là, sur le trottoir ou bien, plus loin, dans des pays de misère, des gens ne cessent de tendre la main avant de crever par terre.

Vous voulez d'autres couleurs sur ma palette de vie ? Alors tenez, un type quasi inconnu devenu Président à coups de billets et de "mécènes" tout autant argentés, le tout propulsé par des médias sous la coupe et obséquieux, mais aussi des élus fourvoyés, des CAC 40 surpayés quand les taxes et autres impôts tombent comme à Gravelotte sur les gens canalisés et empilés dans des cubes de béton, des putes richissimes devenues "Madame De.. ou Princesse De.." enfin quoi des "égéries" de magazines qui se sont fait un nom grâce à leur entregent mais aussi leur entrejambe.

Oui, je sais, n'est pas la Pompadour qui veut !

Mais les valeurs ne sont plus les mêmes, les priorités ont changé, tout est devenu impulsion, momentané, cliché et pour tout dire avarié car les dates de prescription sont devenues de plus en plus étroites.

Personnellement, comme le Candide que je suis bien souvent, j'ai le sentiment d'avoir débarqué sur une terre qui n'est pas la mienne et j'observe, ahuri mais aussi effaré, la rapide déliquescence d'un monde qui se voulait meilleur.

Tout est réglementé, tout est dans des colonnes de statistiques, tout est conditionné de la radio du matin à la télévision du soir. Nous bouffons tous la même chose et devenons les nouvelles oies gavées avant qu'une grippe internationale nous fassent nous taper sur la gueule pour le plus grand profit des marchands de canons et des états qui en profitent.

Regardez, ouvrez les yeux, voyez les déambulations de ceux qui, ne reconnaissant plus leurs frères, deviennent des zombies accros aux jeux télévisés,  au loto et autre fortune du pot. Tout est fait pour que le fric, le Dieu fric dont nous n'avons que les centimes, soit recyclé et baladé dans les machines à laver de ceux qui les produisent.

Qu'est devenu l'altruisme, l'humanisme, le culte de l'effort, du mérite quand on voit que n'importe quel con issu du showbiz reçoit sa légion d'honneur ?

Tout est fait pour égaliser.

Oh non ! Pas l'égalité prônée au fronton de nos mairies mais l'étêtage des idées qui dépassent, une sorte d'entonnoir dans lequel on nous presse et dont nous ressortons broyés, lessivés et tout juste bon à aller acheter notre pain industriel au supermarché du coin.

Bon je sais, je sais, il y a encore des boulangers qui se battent, mais croyez-vous que cela va durer avec les inspecteurs de ceci, les normes de cela et les réglementations pondues dans des bureaux par des gens qui ne respirent que l'air climatisé ?

Petit à petit tout lâche prise, petit à petit nos libertés sont érodées, laminées et petit à petit l'oiseau perd son nid.

J'ai la trouille pour nos gosses qui, dit-on s'adapteront. Oui, bien sûr, comme se sont adaptés les gazés de 14, Robinson Crusoé, les filles incisées, les manchots sans banquise ou les éléphants dans les zoos !

Tant qu'il reste un filet d'air, on respire n'est-ce pas ?

Mais j'ai le sentiment, presque la certitude, que l'on fait tout pour que ce filet d'air soit le plus ténu possible, le plus fragile.

Histoire de nous maintenir en vie, juste en vie pour consommer un peu plus.

On parle de l'obsolescence  des produits, ne pensez-vous pas que nous devrions envisager celle du mode de vie ?

J'ai vu il y a longtemps un film où le peuple des égouts se révoltait contre la lumineuse et "intelligente" tyrannie d'Etat. On en n'est pas encore là, enfin, je le crois, du moins j'en suis pas si sûr parce que lorsque j'étais gosse, j'étais persuadé que les bons étaient bons et les méchants, méchants.

Les gendarmes et les voleurs quoi, mais aujourd'hui où sont les voleurs ? Qui sont-ils ?

Ceux, justement, qui détiennent les gendarmes.

 

 



04/08/2017
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