BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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146 - LA FÊTE A NEUNEU

Le jour du nouvel an a poussé le jour du bout de l'an.

Un jour, un autre jour après des milliers et des milliers d'autres jours, un jour comme un autre qui est tombé dans le passé et sombrera plus tard  dans le temps.

Et les gens ont fêté cette mort comme, quelques jours avant, ils avaient fêté une naissance.

Et le temps, sournois et rigolard, se tapait sur le ventre de voir s'esbaudir ceux qui , dans les rires et les applaudissements, comptaient les secondes les rapprochant un peu plus de la fin.

Je suis à contre sens, je sais, je suis atypique et probablement l'on va me prendre pour un grincheux mais j'ai toujours eu en horreur ces rassemblements décalés où, entourés bien souvent d'inconnus, les gens font la java parce qu'il faut faire la java, rient parce qu'il faut rire et trouvent subitement des qualités à un voisin de table qu'ils n'auraient même pas salué dans la rue.

Et pourtant, dieu sait que j'aime la ribouldingue.

J'aime quand ça fuse, quand les limites sont repoussées, quand, dans des parties improvisées et entre amis, les conventions sautent au même rythme que les bouchons de champagne.

Mais voilà "dans des parties improvisées et entre amis" est le contraire du conventionnel, du formaté, de l'obligatoire et donc pour moi de l'ennui.

Comprenez-moi bien, on paye ses impôts à l'automne, les gamins reprennent l'école en septembre, la fête du travail est le 1er mai et on fait la teuf le 31 décembre...

Circulez braves gens sur les autoroutes conçues pour vous et qui vous éloignent des chemins de traverse.

 

En fait je me suis toujours méfié des rassemblements populaires "improvisés", nouvel an aux champs Elysées, coupe du monde, élection d'un énième Président, mort d'une "idole" ou, plus prosaïquement, pour gueuler "tous ensemble, tous ensemble" la main sur l'épaule de l'autre et la tête à ses propres intérêts.

Et ce n'est pas le côté "rassemblement populaire" qui me gène mais le coup de "l'improvisé".

Pour éviter l'insurrection rien ne vaut une bonne manifestation à peu près canalisée.

Pour éviter que le peuple grogne et se plaigne il lui faut du pain et des jeux.

Et nous revoilà au soir du réveillon.

 

Alors je sais, l'endormissement n'est pas général et beaucoup ont du plaisir à faire la fête justement ce soir là, particulièrement ce soir là, mais je ne peux m'empêcher de penser que le temps nous jette de temps en temps des miettes de "joies" avant que nous reprenions le harnais et tirions la charrue de l'état pour qu'il puisse ramasser son blé en toute quiétude.

Oui, je sais, je sais la coutume, l'usage, l'habitude quand tant d'autres traditions se cassent la gueule sous le flot des invasions barbares et après tout c'est préférable...

Je dois donc être bien mal embouché en ce début d'année.

Et finalement j'ai tort car quand je vois la liste des augmentations au premier janvier il eut mieux valu que je fasse la "fête", au moins je n'aurais pas dormi pour quelque chose.

Que voulez-vous, l'imposé que je suis - sacré coup de bambou garanti par la CSG  - ne peut s'empêcher de penser qu'on se fout de nous.

 

 



02/01/2018
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