BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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82 - LES TCHADORS INVISIBLES

J'ai souvent, très souvent même, parlé du courage des femmes pour aujourd'hui m'interroger sur un phénomène mal perçu, une sorte de musique intime et très privée qui rend ces dernières plus que dépendantes, je dirais même asservies à la "puissance " masculine.

Laquelle puissance d'ailleurs n'est pour la plupart du temps qu'un dragon de papier qui se dégonflerait d'autant plus vite s'il n'y avait la fameuse dépendance financière.

 

Une de mes amies m'a récemment rapporté  le cas d'une de ses connaissances proches, fort impliquée dans la vie associative, exploitant quelques dons qui la maintenaient en vie et qui en arrivait à se replier de plus en plus sur elle-même devant la jalousie maladive de son conjoint, devant ses suspicions, ses contrôles et pour tout dire ce harcèlement moral et insidieux au point que, pour avoir la paix, elle avait renoncé à tout, se contentant de "cultiver" son jardin en compagnie de celui qui se prenait pour son propriétaire. Ainsi, apaisé, ce loup retrouvait son calme et elle la tranquillité.

Evidemment vous vous interrogerez sur le fait qu'elle ne l'ait pas quitté, qu'elle ait choisi la soumission sans jamais avoir tenté une sortie vers une vie plus libre et choisie. Elle l'avait envisagé bien sûr, mais les enfants, les crédits, les petits liens qui sont autant de chaînes et surtout, surtout cette dépendance au niveau du fric qui faisait d'elle ce qu'elle était devenue car n'ayant aucun revenu, c'était la rue qui l'attendait.

 

Cet exemple qui me fut rapporté sous ce terme de " tchador invisible " n'est que la partie  visible de l'iceberg.

 

J'ai rencontré dans ma vie un nombre bien trop élevé de femmes qui, sans aller jusqu'à l'exemple cité ci-dessus, vivaient entièrement sous la dépendance du mâle, acceptant l'inacceptable, crachant dans le café en le servant - je ne sais pas si le pire n'est pas de le "servir" que de cracher dedans -, subissant les yeux fermés le devoir d'ouvrir les cuisses, devoir vendu à la mairie où il était dit à l'époque que l'homme était le "chef de famille" et, en fermant les yeux quand tout le monde dormait vivait dans sa tête des rêves impossibles. Oui, je témoigne de cette "beauté " des femmes qui, subissant, gardaient la tête haute et vivaient dans des prisons dont les portes étaient ouvertes.

 

Alors aujourd'hui, aujourd'hui où nous nous émouvons de femmes voilées que nous croisons de plus en plus souvent dans notre vie urbaine je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement avec certaines d'entre elles, occidentales et modernes, heureuses seulement,  mais déjà heureuses de ne pas être battues.

J'exagère ?

Le pensez-vous vraiment ?

La jalousie est pavée de bonnes intentions pour celui qui l'applique, les raisons sont avancées, les explications  toujours données mais cela concerne des hommes faibles, peu sûrs d'eux et qui font payer aux femmes qui les accompagnent leurs faiblesses d'amour et leur manque de courage.

Aimer une femme c'est l'exposer, la propulser, la tourner vers la lumière, c'est s'étonner d'être aimé d'elle, vulgum pécus couillus que nous sommes, c'est surtout l'admirer dans la lumière.

Et ceux qui, pour leur confort et dans des égoïsmes de gamins mal dégrossis, les maintiennent dans des enfermements domestiques ne sont que les ayatollahs que vous méprisez tant par ailleurs.



05/07/2016
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