BLOG D'ANAÏS par Gérard CABANE

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26 - LES VOEUX D'UN PSEUDO MISANTHROPE

Il est bien entendu que le parcours d'une vie n'est, ni plus ni moins, qu'une succession d'aiguillages.

D'autres diraient de trains qui se croisent.

Ou qui n'arrivent pas à la même heure.

Personnellement je suis heureux des " embranchements" qui ont été les miens et, ne serait-ce que pour certains - ou plus sûrement, certaines -  je revivrais ce que j'ai déjà vécu, en y changeant quelques détails, certes, mais grosso modo avec les mêmes rencontres.

N'empêche.

N'empêche qu'il m'arrive parfois de me demander ce qu'aurait pu être ma vie si j'étais, comment dirais-je, allé un peu plus vers là, ou bien un peu plus vers ici.

Il m'arrive, quand je "croise"  une personne ou qu'une rencontre sur la toile me surprend, de sentir comme un frétillement de mes neurones, comme une sorte de captation de mon intérêt. Un peu comme si, des connections invisibles s'amusant à chambouler les soldats de plomb de ma vie confortable en un sauve-qui-peut  désordonné, m'interpellaient sur les mille vies qui m'auraient été nécessaires pour suivre certaines fragrances entêtantes.

Et puis il y en a de plus persistantes que d'autres, plus rares mais aussi plus riches, une sorte de petite musique de nuit, obsédante et insidieuse, faite de couleurs, de mots, de chants et de finesse qui s'amusent à entrouvrir pour moi leurs portes personnelles, presque sans le vouloir, naturellement devrais-je dire.

Comme une évidence en somme.

Oui, il y a des rencontres de hasard qui deviennent des bornes milliaires sur les chemins de toutes mes Rome majestueuses.

Alors je voudrais dire ma joie et ma suave fringale de vivre de tels moments, dire mes sourires sur des remarques d'humeur ou le balancement d'une hanche, laisser éclater mon bonheur d'échanger nos intelligences car, au fond, quand tout sera épuisé, quand l'éclatement des jours ne combattra plus le noir de la nuit, quand au bout de la route il n'y aura plus de routes, ces frottements de neurones seront des jouissances inépuisables et attiseront à jamais mon plaisir, mon si bon plaisir d'avoir pu rencontrer des personnes d'exception.

Et puis, parce que c'est toujours la période, parce que tout est si fragile qu'un soupçon de vie peut se transformer, comme ça, d'un coup, en cercueil de plomb, je forme  pour vous mais aussi pour moi-même, le vœu,  le seul et puissant vœu que cela dure encore et encore et encore.

Encore et encore.

Encore.

Jusqu'au clap de fin.

 

 



26/01/2015
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